Art of Darkness
HOMni-pourquoi: Ambiguité sexuelle
Réalisation: The Art of Darkness
Une histoire de famille
The Art of Darkness (Universal,
1998)
par Tony Esposito
Sous-titré Essential Goth 1982-95,
cet album-compilation de 13 pièces n'est pas aussi noir que le laisse croire
sa pochette. De Bauhaus à Marilyn Manson,
la vision de l'Art de la Noirceur a évolué.
Bien sûr, pour le néophyte, l'ensemble se ressemble. Une texture lourde,
une violence, une atmosphère sombre et gutturale. Un lien familial se tisse.
Le fantôme du grand-père David
Bowie se profile souvent (surtout dans
This Corrosion des Sisters
of Mercy de 1987 et Moonchild de
Fields of the Nephleme de 1988). Des souvenirs du grand frère The Cure
surgissent
(Love Like Blood de Killing
Joke de 1985 ou Everyday Is Halloween
de Ministry). Mais certains des frères ets soeurs sont
là, réclamant leur identités. En mariant les membres de Bauhaus
(présent ici avec son Bela Lugosi Is Dead version live de 1982) et
Japan, une première génération s'est multipliée
(Tones on Tail, Dali's
Car, Love and Rockets,
et les solistes David
Sylvian, Mick Karn et Peter Murphy)
représentée sur cet album par Peter Murphy (All
Night Long de 1988) et Love
and Rockets (Haunted When the Minutes
Drag de 1985).
Des jumeaux sont apparus (Gene
Loves Jezebel avec Desire (Come and
Get It) de 1986), un autre grand frère, après plusieurs métamorphoses,
a trouvé sa voie (The
Cult et le classique Rain de 1985),
un cousin canadien un peu plus punk a été retrouvé (Skinny Puppy
avec Dig It de 1986) et la famille, maintenant internationale et reconnue,
était prête à évoluer d'une nouvelle génération.
Et voilà les Nineties. Un brin de guitare acoustique
chez The Mission UK (Tower of Strenght de 1994). Ou encore l'hyper-sexuel
Closer des Nine
Inch Nails (1994). Pour finalement aboutir
au petit dernier, héritier de l'androgynie, de la violence et du sexe: Marilyn
Manson, antéchrist et superstar,
qui couvre et redéfinit Sweet Dreams (Are Made of This) des Eurythmics.
Une belle compil (même si elle est truffée d'absents marquants: Japan,
The Cure, Joy
Division, etc.), comme un document, une
archive sur une page récente de l'histoire de la musique. Une page qui n'est
pas encore complètement tournée.