Isabelle Boulay
De retour à la source (Audiogram/Select, 2007)
par Tony Esposito
Un album d'Isabelle Boulay, c'est devenu un événement heureux. Comme présagé dans les coulisses de l'Olympia de son dernier dvd, le country est à l'honneur ici. Mais mettons un bémol; souvent il est plutôt question de pop-country.
Encore une fois, l'équipe d'auteurs-compositeurs est à faire rêver: entre autres, Michel Rivard, Luc De Larochellière, Francine Raymond, Damien Robitaille, Daniel DeShaime, Paul Daraiche, Jorane, Eloi Painchaud, Louise Forestier, André Gagnon, Zachary Richard et Joe Dassin. Même chose du côté musiciens: la crème avec entre autres, Mario Légaré, Christian Péloquin, Rick Haworth et même Michel Rivard.
Une recette donc pour le succès. Alors pourquoi est-ce le premier album d'Isabelle que je n'aime pas tant que ça? Est-ce la facture country? Ou un manque d'intensité?
Décortiquons: j'ai tout de suite aimé Entre Matane et Bâton Rouge de Michel Rivard; c'est drôle comme Rivard sait le faire. Des sourires aussi pour Adrienne, la drôle de tante, écrite par Luc De Larochellière. Un monde à refaire de Daniel DeShaime était déjà sur l'album Fallait pas et c'était bien. Et puis le reste me passe dessus comme de l'eau tiède, douce mais presque endormante. Les pièces qui ressortent légèrement de cette engourdissement sont: De retour à la source de Geneviève Binette et Damien Robitaille, Aller Simple de Jorane et Eloi Painchaud, Tant que l'amour existera de Zachary Richard, Mon village du bout du monde de Joe Dassin et Pierre Delanoë (qui n'est pas justement créditée puisque pièce traditionelle intitulée Carrighfergus; voir l'album Elemental de Loreena McKennitt) et Only a Woman's Heart; c'est cute mais...
Je crois que c'est ca le bobo: c'est cute. Pas déchirant. Pas enlevant. Pas transcendant. Et le country est et n'est pas la raison. Le choix de pièces en est responsable. En choisissant beaucoup de pièces lentes, la saveur country crée une douceur qui peut, comme dans mon cas, amener à la somnolence. Par le passé, Isabelle avait choisi de pièces qui frôlaient le country mais au sein d'un ensemble plus diversifié, permettant à chaque pièce de briller au lieu de devenir une suite plutôt somnifère.
Curiosité: Isabelle n'a pas participé aux deux albums célébrant le country (Quand le country dit bonjour I et II), ni l'hommage à Joe Dassin. L'histoire ne dit pas qui a refusé ou n'a pas été invitée, mais minimalement le choix ici de Mon village du bout du monde et de Lui de Paul Daraiche complète l'absence d'Isabelle sur ces albums.
Donc, premier album "différent". Mais qui suis-je pour critiquer la différence, n'est-ce pas? Une chance qu'il reste la technique shuffle sur ipod... RETOUR À LA PAGE PRINCIPALE