Laurent De Graeve

Ego, Ego
Le Confort de l'Antiquité
par Tony Esposito

Ego, Ego est le second roman de Laurent de Graeve. L'auteur belge a séduit la première fois par le cynisme acide et le brillant exercice de complots des Orchidées du bel Édouard. Cette fois-ci, même si le cynisme, les complots et le luxe sont de nouveau au rendez-vous, c'est par l'humour qu'il nous garde fidèle.
Le personnage principal du roman, Egisthe, est mieux connu comme l'amant de Clytemnestre et assassin d'Agamemnon, dans le cycle des Atrides.
De Graeve le ressuscite et lui donne la parole afin de nous expliquer ce qui s'est réellement passé et pourquoi.
Et c'est la que le plaisir commence (deuxième partie, page 27)...
Parce que monsieur l'auteur décide de rectifier l'Histoire. Egisthe nous raconte son enfance de prince capricieux, ses premiers exploits sexuels avec son précepteur, son adolescence en exil ennuyeux à la campagne. Mais c'est surtout son retour à la cour, durant la guerre de Troie, qui marque le début des aventures rocambolesques du prince aux yeux bleus. La cour de Clytemnestre est un paradis d'intrigues, de coups bas, de voluptés et d'artifices qui plaisent au prince et aux lecteurs.
Le début et la fin du roman ne sont pas les meilleurs moments du livre. Le début est un peu lent et embrouillé, Egisthe se présentant comme ressuscité et vivant de nos jours. La fin de l'histoire d'Egisthe, pour se conformer au drame grec, perd un peu de la folie décadente du roman et se termine par une histoire d'amour éternelle.
Cependant, en plus de l'humour acide d'Egisthe, les anachronismes du texte créent de savoureux moments. La cour de Mycènes a des résonances modernes tout comme le comportement de ses habitués. Ainsi les rendez-vous chez le coiffeur et les inaugurations de foyers pour veuves et orphelins (Guerre de Troie oblige) côtoient les clichés grecs antiques.
Ce second roman présente une face plus ludique de l'auteur belge, présageant un auteur qui au fil des années saura nous séduire encore et encore


De Graeve, Laurent. Ego Ego, Éd. Du Rocher, 1998, 244 p.




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