Luce Dufault
Bleu (Lunou, 2004)
Fragile par Tony Esposito Cinquième album pour la dame et la tangente devient fragile. Son premier album éponyme nous avait séduit et avait marqué l'arrivée d'une autre grande voix dans le décor musical. Le second album, plus intimiste nous avait confirmé celà. Puis vinrent des moment de pénombre, d'ombre et d'obscurité: un album live, un troisième album studio sans grand fracas et maintenant Bleu.
La première chose à noter est la qualité des auteurs et compositeurs. Parmi les noms connus: Daniel Bélanger, Richard Séguin, Daniel Lavoie, Sylvie Paquette, Nelson Minville, Hélène Pedneault et Marc Chabot.
La locomotive de l'album est une chanson de Daniel Bélanger, Tu me fais du bien, simple et enjouée, avec des fractures musicales déconcertantes. Un texte sur l'amitié avec des dissonances ("ami" et "imbécile" semblent un mariage boîteux en chanson). Bref une pièce qui plaît et tape sur les nerfs en même temps. Le reste de l'album continue sur les dissonances: La Pluie (à la musique starmanianienne) et J'oublierai tout met la voix de Luce aux limites d'un pleur monocorde. Quand sa voix reprend de la force, elle se rapproche souvent de celle de Marie-Claire Séguin, plutôt que de prendre sa propre personalité telle que nous l'avons connue. Heureusement Je voudrais tant nous ramène Luce (malgré encore quelques chevrotements), mais la chanson de Véronique Bleau et Richard Séguin n'est pas de l'étoffe des pièces immortelles. Juste simple. L'histoire continue avec Toutes les villes du monde, où Luce se promène entre la majestuosité de la puissance de sa voix et un abîme de demi-fausses notes. La deuxième chanson qui tourne à la radio est l'insipide mais accrocheuse Tout comme. Un peu comme une pièce commerciale obligatoire. Ici encore la qualité de la voix se promène. Et enfin, au 3/4 du disque, voici LA pièce, celle qui justifie le reste. Quelque chose de grand de Nelson Minville est magnifique, simple et la voix de Luce caresse et rassure, nous enveloppe et nous séduit à nouveau. Suit un blues, Si... de Pierre Lapointe, honnête et bien tourné. La Merveille de vivre continue dans l'honnêteté sans prétention. L'album se ferme sur Et tu t'en souviens qui résûme très bien l'album: honnête, mais inégale, avec des fractures autant dans le style que dans l'utilisation de la voix de Luce, parfois charmante parfois énervante par sa répétitivité et sa touche commerciale facile.
Un album donc un peu décevant où notre admiration pour Luce Dufault devient fragile, se demandant si notre insatisfaction est liée à la chanteuse elle-même ou aux choix qui ont été faits spécifiquement sur certaines chansons. Mais nous serons là pour le sixième album en espérant que celui-là nous renversera de plaisir.
RETOUR À LA PAGE PRINCIPALE