Germaine Beaulieu
Entre deux gorgées de mer par Emmanuella St-Denis « Si j’écrivais ce soir ce serait pour vous tendre cette page comme une mendiante qui tend la main à l’heure où tout le monde dort. » Le cantique de la noirceur / Germaine Beaulieu Soif. Entre deux gorgées de mer, l’écriture. Je veux vous parler d’une chose qui m’émeut. Je veux vous dire les pluies d’automne et le désir des peaux lisses et douces dans la noirceur. Solitude. Je veux vous dire les maux indicibles. La vérité menteuse de la fragilité solitaire. Il y a une chose qui m’étonne plus que tout et ce sont ceux qui prétendent ne pas aimer la poésie. Moi, j’ignore encore ce que serait le monde sans la poésie. Juger la poésie, c’est juger l’individu. Je me suis assise calmement devant Germaine Beaulieu pour lire ses yeux, pour lire son corps et j’ai tourné une page de sa peur, de son désir, une page de ma solitude. Rien n’est plus beau que de toucher l’amour de l’autre. Rien n’est plus doux que d’imaginer le corps des unes contre les autres. « Je veux parler de ce qui peut nous émouvoir à l’heure où l’apéritif est trop amer où les lèvres touchent mal les mots où la séduction n’arrive plus à faire tourner les pages d’un livre à demi ouvert. Je l’écoute les doigts posés sur une ligne à découvrir. Plein feu sur l’amour. » Plein feu sur le désert. Entre deux gorgées de mer, cantique de la vie, de l’amour, de l’écriture. Partir à la dérive, être sauvée puis s’enfuir dans la moiteur des corps. Rien n’est plus beau que de se laisser bercer par les mots. Rien n’est plus dur que de toucher l’individu à travers l’amertume de sa poésie. Entre deux gorgées de mer, cantique de l’éphémère ! Plein feu sur l’amour ! RETOUR À LA PAGE PRINCIPALE