Jason Cohen

Biographie

Spriritualité et érotisme

par Tony Esposito


Professeur en arts, Jason Cohen n'a jamais eu l'ambition de vivre de son art photographique. Pourtant, depuis 30 ans, sa caméra n'a jamais cessé de cristalliser des images.

C'est durant sa dernière année de maîtrise en photographie studio, que, sous les bons soins d'Irene Whittome, il s'interroge sur ce qu'il photographie et surtout pourquoi. Pourquoi ces hommes qui plongent, qui volent? En découvrant les réponses, un processus important se met en marche. Le corps devient une exploration de la liberté. Liberté d'expression artistique qui se conjugue avec la liberté sexuelle de ces révolutionnaires années 70.

Puis sa réflexion l'amène à explorer la mythologie chrétienne, images de Christ en croix ou d'anges en parallèle avec l'amant aux bras ouverts. La prochaine étape, au milieu des années 80, le conduit à une esthétique s'inspirant de la période grecque classique, où l'Apollon du Belvédère devient un point de référence.

Il commence alors à publier. De 1983 à 1988, des séries de photographies apparaissent dans RG et Sortie. En 1985, il travaille à la groupe de gymnastes-danseurs Corpus. Dès 1988, il développe son style en peignant à la main ses photographies où la superposition et la multi-impression abondent. Puis Lawrence Boyle, alors propriétaire de la librairie L'Androgyne, lui propose d'exposer au magasin. Quatre expositions auront lieu dans le petit local: Homme en février 1984, Air en 1986, Erosrose en septembre 1988 et Espèce en voie de disparition en septembre 1990. La Idée Gallery de Toronto l'accueille en 1988 pour l'exposition Visions Beyond Censorship en 1988. En novembre 1991, il participe à l'exposition Contrenature à la Maison de la Culture Frontenac. À l'été 1994, deux photographes québécois sont invités à l'exposition internationale Take It To The Max, à la Galery Soho 20 de New York dans le cadre des Gay Games. Jason Cohen y présente sa photographie Initiation. À l'automne 1995, il expose en solo dans le cadre du Mois de la photo de Montréal. Priape, Pétale, Piéta est présenté à la galerie Observatoire pendant un mois.


Divisée en plusieurs périodes, l'œuvre de
Jason Cohen est riche et diversifiée. En parallèle avec son travail en érotisme, il photographie des paysages et des fleurs. Et en regardant les fusions des fleurs et de l'érotisme, on peut dire que Monet n'est pas loin. La forte influence de la mythologie (gréco-romaine et chrétienne) est évidente et avouée. Jouant avec des archétypes, superposant nus, statues et décors historiques (Pompéi), il redonne vie à des objets et des lieux connus comme inanimés. Le symbolisme est constant, provoquant une réaction émotionnelle et même spirituelle. Par exemple, en joignant la mort (Thanatos) et l'amour (Éros) dans le triptyque Priape, non seulement le photographe partage son émotion face au drame du sida, mais il illustre autant la peine et l'espoir liés au sujet. À l'image du shaman, Cohen propose de confronter puis d'exorciser les blessures, les transcender afin d'atteindre une paix intérieure.


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