Un amour en chair et en os de Sylvie André Rêves contrastés
par Tony Esposito Chloé aime fantasmer le soir dans son lit; elle s'invente des films où des garçons et des hommes viennent partager différents degrés de son intimité. Cependant il y a la vraie vie. Celle où on se questionne à propos d'un premier amour. Celle où on voit nos meilleures amies incapables de faire durer une relation. Celle où notre mère est violentée par son chum. Celle où notre soeur est harcelée sexuellement.
C'est entre ces deux eaux que Chloé se promène, entre le rêve et la réalité, cette dernière gagnant la place principale dans un processus de mûrissement.
Malgré son aspect dramatique, Un amour en chair et en os est quand même un roman assez léger avec beaucoup d'humour. L'imagination débordante de Chloé bâtit entre autre la vie secrète de son professeur de français, vie assez drôle parfois, d'un gai, peut-être même travesti, auquel elle ajoute amant, enfant, rupture, dépression, nouvel amant, etc. selon les indices qu'elle croit percevoir.
Ce qui est intéressant ici, dans une perspective gaie, est le regard dénué de ressentiment (mais non de préjugés) de Chloé sur la vie d'un homosexuel. On soulève un instant le problème que pourrait connaître un professeur ouvertement gai dans une polyvalente, mais le sujet n'est pas approfondi. Curieusement, cependant, le sort du harceleur sexuel, lui aussi employé de la polyvalente est clairement défini et jugé. Doit-on voir ici l'ébauche d'un contraste? On peut l'espérer. Sylvie André UN AMOUR EN CHAIR ET EN OS Éd. Vents d'Ouest, coll. Ado #28, 2000, 162 p
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