Les Habitués de l’aube de Sylvie Massicotte Vision personnelle
par Tony Esposito Adolescente saxophoniste en peine d'amour, notre narratrice se laisse convaincre d'aller faire un séjour chez son oncle où son cousin du même âge qu'elle et que l'eau du lac lui changeraient les idées. Parmi les amis du cousin Antoine, il y a Marc-André pour qui elle développe rapidement une obsession amoureuse, jusqu'au moment où elle découvre qu'il est déjà en amour... avec Antoine. Est-ce que la littérature jeunesse a plus de lectrices que de lecteurs? C’est un cliché possiblement très vrai. Est-ce que cela explique le plus grand nombre de romans jeunesse avec une héroïne/narratrice? Malheureusement, dans une optique traitant d’un sujet homosexuel, cela entrainerait un point de vue soit lesbien (ce qui est rare) ou une situation de quiproquo, avec son bagage d’amertume, de colère, où la victime est la pauvre fille qui découvre que le garçon parfait pour elle n’est pas intéressé et ne le sera jamais. C’est un crime majeur, une atrocité sans nom; malheureuse éprise du vilain qui ne voit pas ce qu’il perd!!!! Lisez bien l’ironie des dernières lignes.
Les Habitués de l’aube, c’est cela, plus de nombreux clichés. Un des garçons aime la porcelaine, l’autre ne peut penser à pêcher sans être horrifié; tous deux sont sensibles et artistes. Et il y en a un qui a cette maladie (laquelle? on ne le saura jamais). L’instabilité émotionnelle de la personnage principale n’est pas vraiment questionnée, pourtant c’est elle qui débarque au milieu d’un petit monde organisé et relativement tranquille, c’est elle qui tombe en amour en deux jours avec un garçon qu’elle n’a pas eu le temps de vraiment connaître. Et son petit rêve en prend un dans la gueule quand elle “découvre” ce que tout le monde sait sauf elle. Du titre, deux réactions inverses: 1) la beauté de l’image, le romantisme et l’intimité sous-entendue; 2) cependant l’association secret et homosexualité est un autre des clichés de ce roman pourtant agréable à lire. C’est peut-être là le plus grand danger: le roman de Sylvie Massicotte est dynamique et tient l’attention, rendant la petite crise égoïste de l’héroïne (sans nom) intéressante. Et heureusement, il y a une ou deux images romantiques de ces deux amants, ces deux habitués de l’aube. À classer dans la section “Ne pas prêter sans expliquer d’abord”. Sylvie Massicotte LES HABITUÉS DE L'AUBE Éd. La courte échelle, coll. Roman Plus, 1997, 148 p
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