La Liberté des loups de Richard Blaimert Femmes en exemples
par Tony Esposito Dans son petit quotidien terne des Éboulements, Suzie découvre des documents qui indiqueraient qu'elle aurait été, pendant 3 ans, adoptée, avant d'être remise légalement à la garde de sa mère. Elle part à Montréal pour essayer de découvrir ce qu'aurait pu être sa vie.
Parmi les points forts de ce roman jeunesse, la première constatation est la mise en place d'un univers affectif de femmes de tout genre et tout âge. L'amitié entre Suzie et Esther est à toute épreuve, pleine de tendresse et d'amour. La relation entre Suzie et sa mère, Linda, est, au contraire, complexe, voyageant de l'amour au rejet, échangeant parfois les rôles de mère et fille entre elles. Ajoutons à cela la tante Solange, symbole incarné de la petitesse d'esprit, et Marie-Paule, la mère adoptive temporaire, exemple de classe, de culture et d'ouverture. Un seul homme, Antoine, mari de Marie-Paule, père que Suzie n'a jamais eu.
Il était donc normal qu'au milieu de ce monde de femmes, l'auteur, Richard Blaimert, puisse se permettre un couple de lesbiennes qui viennent en aide à notre héroïne. Si Camille ne présente pas de traits typés, sa compagne Patricia est policière, ce qui est pratique mais un peu cliché. Pour compenser cependant, elle est enceinte (par insémination artificielle).
Un peu à l'image de la personnage principale, nous entendons et réagissons à la nouvelle de cette famille "différente", puis on passe à autre chose. Camille, Patricia et le futur Félix ne sont qu'accessoires, importants sur le moment, mais négligeables dans le fond de l'histoire.
Dans ce petit roman sur la recherche d'identité avec quelques coins tournés un peu trop rapidement (par exemple, la fin demeure ambiguë), il est très intéressant que l'une des options, l'un des modèles se présentant à Suzie soit celui du couple lesbien équilibré et sans extravagance. Richard Blaimert LA LIBERTÉ DES LOUPS Éd. Vents d'Ouest, coll. Roman Ado #14, 1998, 146 p
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