Night Walk

Why-HOMni: Film pornographique gai
Night Walk de
Michael Ninn et Gino Colbert
Quand la porno devient
art
par Tony Esposito
À chaque mois,
une nouvelle fournée de vidéocassettes pornographiques (tous genres)
s’installe dans les vidéoclubs et les boutiques spécialisées.
De qualité variable, il est rare qu’une d’entre elles fasse les manchettes
en dehors du milieu érotique. Cependant, depuis quelques années, des
super-productions de haut calibre technique et esthétique sont apparues pour
les hétéros. Il n’a pas fallu longtemps pour que le marché gai
connaisse le même phénomène.
Le premier, et le seul pour l’instant, film où une attention particulière
a été portée à créer une œuvre plutôt qu’un
«film de cul» s’intitule Night
Walk, co-réalisé
par Michael Ninn et Gino Colbert. Colbert s’est déjà fait connaître
par un certain nombre de films gais de bonne qualité. Michael Ninn est un
illustre inconnu pour le public gai. Cependant, il est des ces directeurs vedettes
dans le domaine du film pornographique hétérosexuel. Ses titres, Latex et Shock, ont récolté éloges,
prix et argent (n’oublions pas que l’industrie pornographique a pour but premier
un échange économique contre un plaisir fourni). Pourquoi Ninn s’est
aventuré dans le domaine gai? No lo se! Mais le résultat est percutant.
Rassemblant une ribambelle d’acteurs porno connus (J.T. Sloan, Chance Caldwell, beaucoup
d’autres, en plus des deux vedettes, Dino Dimarco et Chad Conners), Night Walk a même un scénario. Dans un monde légèrement
futuriste (du moins sûrement onirique), le Maître (Dimarco) fait faire
à son Élève (Conners) un voyage à travers le monde de
la nuit et ses fantasmes. Ils ont droit à des spectacles (trio de musclés
sous jets d’eau, trio de cuir sur le divan), ils parcourent le «red district»
où ils observent des prostitués dans leur vitrine ainsi qu’une séance-trio
de rasage. Ils vont au cabaret où le spectacle d’une pseudo-Madonna (Karen
Dior) tourne en orgie dance music. Ils arpentent la nuit peuplée des gargouilles
qui avaient déjà désigné l’Élève au Maître.
Tout ça est d’un esthétisme léché, léché,
léché. Le montage est hachuré et rapide à la manière
d’un vidéoclip. La musique est omniprésente et rock. Les hommes sont
superbes et toujours filmés dans les angles qui les avantagent encore plus.
La qualité photographique est plus que remarquable. Une atmosphère
complice nous suit tout le long du film. Et, porno oblige, il y a des scènes
de sexe constemment. Un ensemble qui ne peut provoquer que deux émotions:
un plaisir intense visuelle (et autre) ou un profond rejet parce que trop différent.
La commande Fast Forward ne sert pas souvent.
Une nouvelle aventure dans le domaine pornographique gai: la qualité.