Marc Angers
L'Enfant roi (D'Angers Musique/Select, 2008)
Instruments
par Tony Esposito
Marc Angers n'a pas une voix puissante ou très mélodieuse. Mais il doit en être conscient car ce n'est pas du tout un problème sur son album. Les chansons sont choisies en fonction de cette voix un peu étouffée qui se promène des sons graves aux aigüs, une voix qui pleure au creux de l'oreille quand la peine ou l'intimité sont de mise. Parfois pour faire de l'harmonie, les voix de Brigitte Marchand ou de Stéphanie Bédard (co-académicienne) viennent se joindre ou compléter le tissu musical.
Celui qui avait un peu de couverture radiophonique avec l'humoristique Lit Vert de Plume sur l'album de groupe de Star Académie 2005 préfère le romantisme et est revenu sur nos ondes radio avec Pardonne-moi, douce ballade déchirante donnant le ton à la majorité de l'album comme le démontre d'autres pièces telles Ce qu'il reste de moi. Même une pièce plutôt rock, comme Pour elle, sonne douce à cause du traitement de la voix et des instruments car Marc Angers, c'est aussi un violon, lui aussi mis en valeur fréquemment à travers les 12 pièces de l'album.
Onze compositions ou co-compositions et une reprise, Life is Wonderful de Jason Mraz, qui reste dans le ton déjà annoncé, rythme et romance, malgré l'anglais plein d'accent de Marc. Mais le violon n'a pas d'accent, sinon celui démontrant une grande maîtrise.
Le violon-gigue vient nous faire un clin d'oeil dans Libres et fous (et non "Libre et fous" comme l'annonce l'endos de la pochette - oups erreur d'impression!) avec un texte un peu socio-engagé, présageant Où vont ces gens?, chanson à la fois triste et rythmée sur la folie de la course parfois vide de notre société, ainsi que Réveillez-moi, mea culpa social, cri rock guitare et violon (bien sûr).
Un disque qui prouve que ce n'est pas toujours la force de la voix qui donne de bons albums. Il suffit seulement de bien installer tous les éléments dont on dispose. RETOUR À LA PAGE PRINCIPALE