Witchcraft

SORCIERS, SUPER-HEROINES ET SEXUALITÉ

par Tony Esposito

article paru originellement in Homo Sapiens, juillet 1994, vol. 1, no 9

Les deux grandes compagnies américaines, Marvel et DC Comics, nous ont proposé des bandes dessinées où l'homosexualité est présente et positive: Northstar, V for Vendetta, Sandman et Death. Ajoutons L'Avenir perdu des français Humanoïdes associés. Et sûrement d'autres.
Dc Comics vient de publier le troisième et dernier volet de Witchcraft par James Robinson et Teddy Kristiansen, avec la collaboration de Peter Snejbjerg, Steve Yeowell et Michael Zulli.
Une histoire de vengeance de sorcières: Ursula, grande prêtresse dans Londres de 133 avant J.-C., demande vengeance à travers le temps sur Cooth, le chef du groupe d'hommes qui sont en train de violer et tuer Ursula et ses consoeurs. Trois sorcières suprêmes, entendant l'appel, jurent d'aider à la réalisation de cette vengeance, puis à exécuter la leur. Mais les circonstances de la vengeance sont particulières: Ursula et Cooth, dans de nouvelles réincarnations, doivent être en contact proche et ce contact doit avoir lieu à Londres.
Trois fois (trois parties), Ursula et Cooth se retrouvent à Londres. À chacune de ces rencontres, la réincarnation de Cooth est responsable d'un malheur de la réincarnation d'Ursula. Souvent la sexualité entre en ligne de compte. Par deux fois, la vengeance n'aura pas lieu.
La part de l'homosexualité apparaît dans la seconde partie (1842), où Ursula et Cooth sont réincarnés tous deux en hommes et où Cooth/Loveridge viole de nouveau, mais moins violemment (si une telle chose est possible), Ursula/Richard Burton. Celle-ci/celui-ci cependant ne refuse pas l'étreinte et reste perplexe sur les émotions qu'il a vécu à ce moment-là.
Dans la troisième partie (1990), il est également intéressant de connaître le discours stéréotypique mais nouvelle sauce de Cooth/Martyn, chef du secte magique qui désire le retour de l'omni-pouvoir masculin face à la montée du féminisme.
Si les Français, les Américains et les Britanniques sont capables d'offrir des bandes dessinées intelligentes où l'homosexualité positive est un sujet comme un autre, qu'en est-il du Québec?




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